Rothbard et Bouddha en guests sur CrossOver
Quel est le point commun entre Murray N. Rothbard et le Bouddha? Ils ont tous deux été enrôlés à titre posthume sous la bannière cynico-conservatrice de Vae Victis.
Le premier voit l'un de ses
articles les plus contestables reproduit in extenso afin on suppose de justifier "libéralement" une alliance avec l'extrême-droite. Peu regardant sur la qualité de ses alliés, Rothbard a d'abord tenté de séduire les gauchistes puis, devant l'échec, s'est tourné vers la droite dure. Ses héritiers ont retenu la leçon, qui flirtent avec des xénophobes genre Pat Buchanan ou des négationnistes avoués comme Paul Sobran. On comprend qu'une telle démarche séduise Vae Victis. Malheureusement, il est loin d'avoir la puissance intellectuelle et dialectique de son idole d'un post.
Le Bouddha est quant à lui
mis à contribution pour une nouvelle profession de foi anti-humaniste. L'article qui se veut une réponse à nos critiques - même si nous ne sommes jamais cités - n'est pas à recommander aux âmes sensibles et si vous arrivez à le lire jusqu'au bout sans rendre votre repas, c'est que vous êtes sur la voie de l'Eveil victisien. Pour vous donner une idée que nous espérons suffisante, nous reproduisons la conclusion, typique de son auteur:
Nous autre êtres humains pouvons seulement, avec sincérité nous soucier des gens que nous aimons. Les autres en comparaison ne sont que des spectres sans vie, que seule l'annonce imminente de leur mort nous avertit de leur existence. Des statistiques, où le nombre de victimes assénée en millions nous apparaît sous la forme d'une série de zéros. Tout au plus avec des efforts perçoit-on une multitude informe. Je suis capable, de sentir le poids et la chaleur d'un corps contre le mien, de sentir une absence, d'en être peiné, ou la joie d'une compagnie. Mais affirmer "que rien ne vaut une vie", me semble un rien présomptueux. Là encore une parole qui n'engage à rien, et dont on se déliera à la première occasion. Une façon comme une autre de combler les belles âmes, qui s'empresseront à l'occasion d'affirmer qu'un holocauste automobile vaut mieux que quelques gouttes de sang perdues par un vaurien.Pour reprendre un mot de Rousseau (même lui a pû écrire dans un moment d'inadvertance des choses censées) "tel philosophe aime les Tartares, pour être dispensé d'aimer ses voisins." Cette soit-disant amour de l'humanité n'est que marque de tartufferie, où les galons pesants de ces généraux de la bien-pensance peine à cacher leur hypocrisie. Et on n'invoque jamais autant le suprême intérêt de l'Humanité, que quand il s'agit de commettre un crime d'une ampleur telle que les justifications habituelles paraissent insuffisantes. Pendant qu'untel se fait le chantre de l'Humanité, pour mieux flétrir les Dupont-Lajoie qui parsèment son existence. Ce doit être là, la grande leçon de compassion de nos professeurs d'humanisme.Est-il besoin de plus de commentaires? Victis parvient, dans un seul et même post, à détourner la philosophie bouddhiste de la manière la plus nauséabonde qui soit tout en crachant au passage sur les valeurs les plus élémentaires non pas seulement du libéralisme, mais de la pensée telle qu'elle se pratique en Occident depuis deux millénaires. Et c'est à cet individu, et à ses idées, que Lafronde offre la reconnaissance d'un blog en coprorpriété et du label "libéral" (la nuance "conservateur" n'y change rien)
Une petite explication
Mon post sur
la blogroll de Copeau m'a valu pas mal de commentaires m'accusant en gros de jouer les inquisiteurs et de vouloir délivrer des certificats de "vrai libéralisme". Tout cela est ridicule, mais montre bien pourquoi il est tellement difficile de séparer le bon grain de l'ivraie dans la nébuleuse libérale.
Comme je le dis à plusieurs reprises dans mon post, la sincérité de Copeau n'est pas en cause, et c'est bien le problème. En incluant Merde In France, Librenfin ou Dissident Frogman dans une blogroll où l'on trouve également des sites indiscutablement libéraux comme
Chacun Pour Soi,
Citoyen Durable ou
Le Québecois Libre, il leur donne une légimité libérale qu'ils ne méritent pas. Quoi de libéral, en effet, dans le délire monomaniaque, et souvent vulgaire, de blogs néocons figés dans l'admiration béate de Bush et l'exécration de de Chirac, des "froggies" et des musulmans? Rappellons que Merde In France a en son temps nié puis tenté de justifier les sévices exercés sur les prisonniers d'Abu-Ghraib. Copeau a le droit de lier vers de tels sites, mais qu'il les classe au moins dans une catégorie à part, de sorte qu'aucune confusion ne soit possible. Les anti-libéraux se repaissent de ce genre d'amalgame.
Pour ce qui est de Dumait, il se veut "libéral de droite" mais la droite l'emporte singulièrement chez lui sur le libéralisme. Un personnage aussi proche de Le Pen (au point d'appeller à voter pour lui) et dont le journal est une "passerelle" notoire entre la frange dure des libéraux et l'extrême-droite, n'est pas un compagnon de route très choisi, non?
Et j'en viens au but de ce blog, que d'aucuns persistent à refuser de comprendre ou à
moquer. Le libéralisme dans ce pays est diabolisé de toute part. Il ne peut pas se permettre de trainer dans son sillage des individus louches professant une idéologie nauséeuse autant que contraire aux principes de base du libéralisme. Si ces gens veulent se présenter comme libéraux, c'est leur droit, mais ce n'est pas une raison pour les considérer comme tels. L'unanimisme doit avoir des limites.
Un bruit de bottes sur Liberaux.org
Après Copeau, c'est une autre de nos "bonnes fréquentations" qui s'aventure du mauvais côté de la barrière, comme quoi personne n'est parfait. Ainsi, le
fil consacré au retour de
Harald prend rapidement une tournure des plus glauques. On y découvre en effet que le culte de Pinochet n'est pas seulement le fait des droitiers bien identifiés genre
I Like Your Style mais un phénomène en voie d'expansion rapide au sein du mouvement libéral francophone.
Ainsi, répondant à une attaque de Harald contre les "Pinochetlâtres" qui hantent le forum des
Pères Fondateurs, Djerzinski
répond en liant vers un
article laudateur de
Nicolas Lobin mais aussi en citant in-extenso un commentaire de Faré sur
CrossOver que nous reproduisons ici:
"* En tant que libéral, je n'ai rien à faire du volet politique de la démocratie. Dissoudre les assemblées, les partis, les conseils municipaux... BRAVO! A condition que ce qui les remplace n'est pas pire, bien sûr. Mais justement, un mauvais administrateur militaire conservateur vaut bien mieux qu'un bon soviet noyauté par des communistes armés.
* Encore une fois, en tant qu'authentique libéral, je me fous pas mal de savoir QUI a le pouvoir, roi, dictateur, conseil élu ou autoproclamé, ploutocratie ou oligarchie, furie populaire ou establishment élitiste. Tout ce qui m'importe c'est l'ETENDUE effective de ce pouvoir. Et il me paraît clair qu'avec Pinochet, cette étendue s'est considérablement REDUITE par rapport aux prétentions d'Allende et ses amis. Etait-il possible de la réduire davantage? Sans doute -- avec des personnes plus civilisées au pouvoir et/ou dans les rues. Mais l'absence relative de civilisation est précisément la cause ayant rendu cette contre-révolution nécessaire!
* Sur la liberté de presse, je suis bien sûr plus réservé. D'un côté, il me paraît clair qu'un journal qui se faisait l'apologue du meurtre politique "révolutionaire" mérite d'être fermé une fois ladite révolution tentée, et ceux qui dans ses colonnes ont ardemment soutenu ces meurtres exécutés pour commandite de crime. D'un autre côté, il me paraît aussi clair, que la junte militaire chilienne n'avait pas la main légère, qui n'hésitait pas à emprisonner ou exiler des gauchistes seulement pour s'être exprimés pacifiquement. Et un couvre-feu prolongé est effectivement une atteinte aux droits autant qu'un signe de faiblesse.
* Il me semble clair que la junte n'était pas libérale. Pour autant, était-elle plus autoritariste qu'une démocratie moderne? Peut-être historiquement, mais pas essentiellement: il me semble qu'à force que lesdites démocraties modernes empirent, elles vont tomber plus bas que le régime de pinochet, qui lui n'a fait que s'améliorer jusqu'à disparaître -- ce que j'applaudis. Le Chili est toujours malade de la démocratie, mais le cancer communiste est vaincu, et le malade a quitté une trop longue convalescence. Je crains la rechute, et plus encore le développement sournois d'une maladie chronique. Mais je me réjouis de la sortie d'un hôpital dont les médecins ont dépassé le seuil d'incompétence et confinaient le malade dans une chambre exigüe.
* Si tu es d'accord que la répression du terrorisme gauchiste n'est pas un crime, merci de ne plus reprendre les chiffres des accusateurs gauchistes de Pinochet. Reprendre ces chiffres, c'est participer du mensonge communiste. Il me paraît plus que probable que des innocents ont fait partie des victimes de la DINA (dont le chef est en prison), ou du moins subi ses tortures. Encore faut-il chiffrer le nombre de victimes réelles, pour obtenir leur dédommagement, etc. L'étendue de la responsabilité personnelle de Pinochet à ce sujet est aussi à évaluer.
* Bref, Pinochet ne me semble pas être la personne qui mérite le plus urgemment d'être jugé; d'autant moins que ce qui est en jeu est une condamnation pénale, aussi illibérale qu'inutile. De vrais nuisibles attendent qu'on les mettent hors d'état de nuire. Quand de plus cette campagne est appuyée par des mensonges communistes prévalents, l'urgence est de contrer ces mensonges, et non pas de reprendre allégrement au nom qu'ils contiennent une (toute petite) part de vérité.
* Je veux bien porter un T-shirt satan. Alors pourquoi pas Pol-Pot, Staline ou Napoléon? On pourrait réunir toutes les crapules du genre sur un même T-shirt, d'ailleurs..."Et encore Djerzinsky n'a-t'il pas jugé bon de reproduire les autres commentaires postés par Faré sur le même sujet. Il
écrit notamment:
"Il n'y a strictement aucun mal à exécuter des terroristes communistes. Au contraire."Et aussi:
"Tu (Lafronde) reprochais à Pinochet la participation de son régime à diverses opérations pour éliminer des opposants. Je ne vois pas en quoi éliminer des terroristes communistes est un mal. A moins que ces opérations aient *aussi* abouties à la mort d'innocents -- ce qui reste à établir. Ainsi, les têtes du MIR, ces salauds que Castro voulait mettre au pouvoir et qui ont tout fait pour détruire le Chili durant la période Allende, c'est tout bonus de les avoir éliminées. Justice expéditive, certes, mais justice. Et police raisonnable aussi, dans un continent où de tels terroristes sévissent. Bref, je veux bien reprocher à ses opérations leurs dégâts collatéraux; mais ni leur objet ni leur caractère expéditif."
Libertarien néopaïen bien connu pour ses tendances droitières (sur lesquelles nous reviendrons) Faré est dans le droit fil de sa logique. Ce qui est plus surprenant, en revanche, est la réception de ses propos sur Libéraux.org.
Ainsi, alors que Dostix les
condamne sans ambiguïté, il est aussitôt
>repris par le randien Jabial:
"Qu'y a-t-il de faux ou d'inexact dans ce que Faré a dit?"Le même Jabial écrit,
quelques posts plus loin:
"Il ne suffit pas de prétendre que son raisonnement est caduque. Il faut encore le démontrer. Quant à comparer son discours à celui des castristes, je pense c'est purement et simplement ridicule. Je ne sais pas ce qui pousse tant de libéraux à accepter de respecter le dogme "l'extrême-droite c'est pire que l'extrême-gauche", si ce n'est la pression sociale."Le tout sous les applaudissements de l'ineffable Vae Victis, qui se réserve
le mot de la fin, indiquant bien ainsi de quel côté penche le débat:
"(...)c'est (...) à peu de chose près la ligne que certains d'entre nous défendent."On le voit, la subversion droitière n'est pas cantonnée aux sites et blogguers bien connus, elle se répand sournoisement parmi tous ceux qui, lassés d'attendre une victoire démocratique du libéralisme, s'accomoderaient bien d'un passage en force.
Monomanie pour Monomanie
On va dire que je m'acharne sur
I Like Your Style mais puisqu'eux-mêmes sont plus que
monomaniaques, il n'y a pas de mal à se faire du bien.
Qui aime bien châtie bien: les mauvaises fréquentations de Copeau
Si l'entrisme droitier n'était le fait que des droitiers eux-mêmes, il serait facile de s'en protéger. Mais ceux-ci bénéficient parfois de l'aide involontaire de libéraux bien-intentionnés mais terriblement naïfs dans leur volonté d'oecuménisme.
Ainsi, l'excellent
Copeau qui figure à bon droit dans les "bonnes fréquentations de ce blog" ouvre parfois ses colonnes a des personnages pour le moins douteux comme
Alain Dumait ou
Maurice G. Dantec dont il ne se désolidarise que mollement. Et il
salue, encore une fois avec de molles distances, le retour en ligne du
Dissident Frogman.
Tout cela ne serait pas trop grave si la blogroll ne contenait pas elle aussi son lot de liens surprenants:
Librenfin,
Merde in France,
Chat Borgne tous sites que l'on ne saurait qualifier de libéraux. Ou alors seulement au sens où
I Like Your Style ou les billets de Vae Victis sur
CrossOver le sont.
Nous avons beaucoup d'estime pour Copeau qui de son côté n'a pas mendié ses encouragements à notre site depuis sa création. C'est donc en toute amitié que nous lui recommandons de se montrer plus vigilant à l'avenir, afin que le virus conservato-conservateur ne passe pas par lui.
Des nouvelles de I Like Your Style
Alecton
joue les Dantec de prisunic:
"Lorsque le grand Jihad avait éclaté au sein même de l’Europe, cette vieille putain décervelée rompue à tous les compromis et aux plus viles bassesses s’était langoureusement agenouillée. En quelques mois à peine, les milices christiques devinrent le dernier rempart entre l’horreur sans nom et le renoncement de la dhimmitude. La grande et belle nation des droits de l’Homme, la petite fille de l’Eglise Catholique Romaine et Apostolique fut la première à déclarer l’état d’urgence, préalable indispensable à la mise en place de la première république islamique Européenne ; l’ère du califat français venait de débuter et moi, et bien moi, je venais de mourir." et le fasciste Nicolas,
qui est sur la mailing-list du MNR nous fait part d'un
sondage fidèle à ses préoccupations habituelles (qui sont également celles du site)
Rien de nouveau sous le soleil, quoi.
Quand un libéral dérape: grandeur et décadence de Zek1917
Ce n'est pas de gaieté de coeur, et après moult atermoiements, que nous avons placé
Zek, l'exil intérieur parmi nos "mauvaises fréquentations".
D'abord parce que ce blog est d'une qualité bien supérieure aux autres membres de cette catégorie, et que son libéralisme ne fait pas le moindre doute. Nous contresignerions sans problème des posts tels que
celui-ci ou
celui-ci entre autres.
Ensuite, à cause de l'estime que nous portons à son auteur. Zek1917 est en effet, et à juste titre, une "légende" de la blogosphère libérale francophone. Dès son apparition, peu après la présidentielle de 2002, il s'imposa comme un polémiste de talent (certains diront de génie) un "exocet libéral" selon l'heureuse formule de
Melodius. Libéral dans tous les sens du terme, conservateur au meilleur sens du mot, Zek pourfendait les collectivistes, les constructivistes, les modernistes à tous crins, et s'il se laissait parfois aller à un catastrophisme un peu exagéré, il donnait toujours l'impression de garder le contrôle.
Hélas, ce contrôle il semble l'avoir perdu au moment des émeutes du mois de novembre. D'abord sur le forum des
Pères Fondateurs où il a tenu des propos plus que surprenants, comparant les émeutes au
génocide rwandais, parlant d'une
"armée d'invasion" et donner dans le
conspirationnisme - la liste n'est pas close, mais je manque de place et n'ai pas de toute façon pu tout retrouver.
Mais c'est sur son blog que les dégats ont été les plus graves. Là, un Zek méconnaissable écrit des choses que nous n'aurions jamais cru lire sous sa plume. A la manière d'un Alain Finkielkraut
dont il se réclame et qu'il
soutient, Zek dérape dans les grandes largeurs.
Ainsi,
il écrit:
Une maison laissee a l'abandon est envahie par les moisissures. Faut-il blamer les moisissures ou l'incurie du proprietaire?
Un vieillard de quatre-vingt dix huit ans meurt d'une pneumonie. La cause de sa mort est-elle la pneumonie ou la vieillesse? Une societe atteinte de maladies terminales est detruite par la guerre, livree par des tribus incapables d'abandonner le tribalisme apportees par elles en son sein, des pays du tiers-monde dont elles viennent. (...) Vous compassion pour les "jeunes" ressemble fort a celle que vous aviez naguere pour les Sudetes. Vous preferez le deshonneur a la guerre, vous aurez le deshonneur et la guerre." Dans le même genre, il écrit,
deux jours plus tard:
"Ce n'est donc pas parce que "la France refuse d'intégrer ses musulmans", et autres blablas insipides, que ces émeutes avaient lieu, mais exactement pour la raison inverse: parce que la France essaye d'intégrer ses musulmans.Ce qui est écrit noir sur blanc dans les lyrics des rappeurs que le gouvernement dhimmi subventionne et trouve formidables, mais qu'il refuse de lire comme il refusait naguère de lire Mein Kampf.Pendant ce temps, des gangs urbains servaient d'avant-garde de l'armée islamique, en semant la terreur dans de nouveaux quartiers précédemment calmes. Cela permettait de tester localement la résistance des institutions dhimmies. Si celle-ci, comme cela a toujours été le cas, se révélait faible (que peut-on attendre d'autre de la part de pareils lobotomisés?), alors un nouveau territoire était mûr pour rejoindre le dar-al-islam. (...)Une solution [pour les islamistes] consiste à provoquer les dhimmis jusqu'au point où ils n'auront le choix qu'entre l'élimination physique de quelques uns des fauteurs de troubles ou la reddition complète et définitive. Pour cela, rien de tel qu'un vaste offensive coordonnée où les troupes islamistes brûlent, caillassent, et parfois tuent tout ce qu'elles peuvent, jusqu'à ce que la bavure tant attendue se produise. Dans ce cas, on peut tabler sur un effondrement rapide de la France sous le double choc de la "colère de la rue Arabe insultée" et d'un nouveau Mai 68 des forces de gauche "indignées par les violences policières". On le voit, on est en plein délire apocalyptique qui culmine avec
ceci:
"La question n'est pas de savoir si on peut éviter l'effondrement de la France, mais quand et comment il va se produire, et qu'est-ce qui la remplacera.La seconde question est: comment sauvegarder sa personne, sa famille et ses biens? Et la troisième: où, avec qui, et comment, reprendre le combat? Pour l'instant je ne vois de possibilité de sursaut chez aucun peuple occidental, comme en témoignent les bêlements des donneurs de leçons qui nous parviennent de l'étranger."On peut, on veut croire à une crise passagère due aux évènements qui, c'est un fait, n'ont laissé personne indifférent. On peut, on veut croire que Zek, le vrai Zek, celui du Zek's Blog, n'a pas coulé corps et biens, car s'il est vrai que
seuls les paranoïaques survivent il n'en est pas moins vrai que l'excès en toute chose peut gravement nuire à la santé.
Une fausse bonne idée: CrossOver
Offrir un espace de dialogue entre un libertarien et un libéral-conservateur: telle est l'idée qui préside à
CrossOver. Elle semble à priori excellente: les deux courants ont tendance au mieux à s'ignorer, au pire à se cracher dessus. Toute initiative visant à une meilleure compréhension mutuelle ne peut être que saluée, et encouragée. On ne peut donc que regretter l'échec de CrossOver, encore que cet échec n'en soit pas un pour tout le monde, comme nous le verrons plus loin.
A la base de CrossOver, il y a
Lafronde, libéral anarcho-capitaliste au-dessus de tout soupçon même si un peu immature par moments, et
Vae Victis qui se présente comme un
"libéral-conservateur allergique à la moraline". A le lire, pourtant, on perçoit mal le libéralisme supposé tempérer son conservatisme, et son rejet de la moraline s'apparente plutôt à du cynisme pur et simple. L'éthique particulière de M. Victis - que son pseudo résume parfaitement - n'a que faire des mièvreries humanistes chères aux modernes que nous sommes. Ainsi, ne comptez pas sur lui pour dire à la suite de Malraux qu'une vie ne vaut rien, mais que rien ne vaut une vie. Non,
"en définitif, la vie humaine ne vaut que ce que nous sommes prêts à lui accorder comme valeur réelle. (...) La valeur de la vie humaine est relative, même si peu nombreux sont ceux qui acceptent de l'admettre". De même, ne comptez pas sur lui pour verser une larme sur les enfants malades. Sa réponse?
"Va cracher dans ton coin!" Grand humanitaire devant l'Eternel, il écrit:
"Faire un don pour une bonne cause est une chose, gaspiller votre argent en pure perte sans espoir de retour sur investissement en est une autre. Pour marier l'utile à l'agréable donnez pour la recherche sur le cancer. Si vous vivez suffisamment longtemps, vous avez toutes les chances du monde d'être confronté un jour au l'autre à cette maladie. Pensez qu'en investissant aujourd'hui vous pourrez dans quelques décennies gagner quelques années de vie supplémentaires, ce qui n'est pas négligeable." D'aucuns, forcément,
s'émeuvent. La réponse de Vae Victis (qui porte décidemment très bien son pseudo?)
est à la hauteur des attentes suscitées:
"Je suis sincèrement désolé pour votre petite soeur, mais sa mort est un bienfait pour la communauté, pensez aux générations futures et à la réduction du trou de la sécu. Ca vous permettra de relativiser votre peine.". Bien entendu, c'est de l'humour...
Mais l'humanitaire n'est pas le seul centre d'intérêt de Vae Victis; il s'intéresse également à la
démographie. Et là, on atteint des sommets. Après avoir reconnu (du bout des lèvres) qu'il
"il existe certes un déterminisme qui nous pousse à reproduire les modes de vie de nos parents, amis, et plus largement ceux admis comme "normaux" au sein de nos sociétés, mais aussi que chacun peut se construire, et adopter les idées et l'identité qu'il souhaite si on le lui permet, s'il en a la volonté", Victis retrouve rapidement une rhétorique plus familière:
"Avec le temps si ces tendances se poursuivent, avec des taux de natalité des nouveaux arrivants bien supérieurs à ceux qui sont traditionnellement les habitants de ce continent qui n'atteignent pas le taux de renouvellement, et surtout si la pression démographique se poursuit, si l'Afrique continue d'affluer en Europe, il se pourrait bien que l'Europe ne soit plus qu'une extension de ce continent, inclut dans une nouvelle aire civilisationnelle. Actuellement un changement massif de population se produit dans le silence général, presque personne ne prenant conscience des transformations profondes en cours et à venir, le politiquement correct poussant les autres à tenir leur langue. Le jour où la réalité se révélera au grand jour, où l'on ne pourra plus nier ce qui se passe, il se pourrait bien que cela aboutisse à une situation nous rappelant de tristes événements se passant dans les Balkans ou dans quelques lointains pays africains. Plus les les événements tarderont, plus il se pourrait qu'ils soient terribles". Vae Victis a visiblement (et malheureusement) bien lu Huntington et Raspail, références incontournables de son courant de pensée.
Je pourrais continuer en vous parlant de son activité sur le forum des
Pères Fondateurs où il a plusieurs fois chanté les louanges de la torture et de la "manière forte" dans le règlement des conflits et situations de crise, mais ce sera pour un autre post où nous nous pencherons en détail sur ce forum, véritable cas d'école de la subversion droitière du libéralisme.
Les posts de Lafronde apportent un souffle bienvenu de véritable libéralisme, mais ne parviennent pas malgré les efforts de l'auteur à dissiper les relents nauséabonds de la prose victisienne. On peut craindre qu'un lecteur néophyte s'imagine que les idées défendues par Vae Victis sont représentatives du libéralisme (conservateur ou non) et y voie la confirmation de ce qu'on lui a toujours dit: les libéraux sont des sales réacs qui n'ont que mépris pour les faibles et racistes par dessus le marché. Il s'en ira probablement avant d'avoir lu
ceci ou
ceci et c'est bien dommage.
CrossOver est donc une fausse bonne idée car il donne une caution et une tribune à un conservatisme faussement libéral, au risque de lui donner une importance et une représentativité qu'il ne devrait pas avoir. Quant au libéralisme, dans tout cela, il est une fois de plus le grand perdant.
Dernier arrêt avant les égoûts: LibertyVox
Dernier venu dans la galaxie libérale conservato-conservatrice,
LibertyVox n'est certes pas le pire, mais c'est vraiment tout le bien qu'on peut en dire. Car si les idées qui s'y expriment sont (à peine) moins nauséabondes qu'
ailleurs elles s'accompagnent d'une médiocrité intellectuelle rarement vue. LibertyVox, c'est vraiment les beaufs qui parlent aux beaufs, dans un langage de beaufs (quoiqu'un peu plus châtié, pour faire sérieux)
Bon, ça parle de quoi au juste ce truc, me demanderez-vous? Eh bien de ce dont parlent tous ses petits frères et soeurs: l'Occident, les Etats-Unis, Israël et la grande menace que représentent l'Islamonazisme et ses complices gauchistes et chiraquiens. On tresse des couronnes de lauriers à Bush et Sharon, derniers défenseurs du monde libre, on casse du mahométan à longueur d'articles tout en saluant les "intellectuels libres" qui osent défier le "politiquement correct". Sans surprise, LibertyVox ouvre largement ses colonnes à Anne-Marie Delcambre, Alexandre Del Valle et se fend d'un
hommage particulièrement lamentable au "martyr" Alain Finkielkraut. Sans surprise non plus, Guy Millière, infatigable croisé du néoconservatisme le plus bas de plafond, fait de fréquentes apparitions, au risque de trouver parfois
encore plus excité que lui. Last but not least, l'instituteur islamophobe Louis Chagnon a récemment rejoint le staff et s'y montre
fidèle à lui-même. Bref, et si l'on y ajoute les chroniques d'Alain Dufour et de John Daligre, LibertyVox c'est "Les 4 Vérités" pour un public... jeune (mais pas au sens ou les rédacteurs de ces deux organes l'entendent)